COP17 de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification : Oulan-Bator referme deux semaines de négociations placées sous le signe de la restauration des terres!

Août 28, 2026 | Actualité | 0 commentaires

Réunie à Oulan-Bator, en Mongolie, du 17 au 28 août 2026, la 17ᵉ Conférence des Parties (COP17) à la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification (CNULCD) s’est achevée après deux semaines de travaux rassemblant les délégations des 197 Parties autour du thème « Restaurer la terre, restaurer l’espoir ». La conférence a consacré son segment de haut niveau à trois dialogues ministériels portant sur la restauration des prairies, le financement et la sécheresse. La cérémonie d’ouverture a réuni le président mongol Ukhnaagiin Khürelsükh, la secrétaire générale adjointe de l’ONU Amina Mohammed, ainsi que d’anciens chefs d’État de Corée du Sud, du Costa Rica et de Finlande, aux côtés d’une centaine de ministres. Dans son intervention, le chef de l’État mongol a assuré que la rencontre ne devait pas devenir un lieu d’affrontement géopolitique, mais une plateforme de coopération multilatérale fondée sur le consensus, tandis que le ministre mongole des Affaires étrangères Battsetseg Batmunkh, assumant la présidence de la COP17, a réaffirmé l’engagement de son pays à travers des initiatives nationales telles que le mouvement du Milliard d’arbres, la loi récemment adoptée sur le changement climatique et la résolution de l’Assemblée générale proclamant 2026 Année internationale des parcours et des pasteurs.

Sur le fond, les discussions ont été marquées par la persistance des désaccords hérités de la COP16 de Riyadh, où trente-sept décisions avaient été adoptées sans qu’un accord contraignant sur un régime mondial de lutte contre la sécheresse ne soit trouvé, les Parties s’étant engagées à finaliser ce chantier à Oulan-Bator. Portée par les délégations africaines, dont les territoires sont occupés aux deux tiers par des zones désertiques ou arides et où près de 75 % des terres subissent une dégradation, selon les estimations de la Convention, la revendication d’un protocole contraignant sur la sécheresse et d’une relance du financement de la Grande Muraille verte a occupé une place centrale des débats, aux côtés des appels du gouvernement hôte à passer des discours aux mesures mesurables et vérifiables.

Le Mali a fait entendre la voix des pays sahéliens tout au long de la session. Devant près de deux cents ministres, la ministre malienne de l’Environnement, Doumbia Mariam Tangara, a plaidé pour une mobilisation des financements publics, concessionnels et privés en faveur de la restauration des terres, défendant une approche fondée sur des projets bancables, des mécanismes financiers innovants et des partenariats respectueux des priorités nationales. En marge de la conférence, lors d’une table ronde consacrée aux pays en développement sans littoral, elle a appelé à une meilleure prise en compte des vulnérabilités spécifiques des États enclavés dans les mécanismes internationaux de coopération et de financement, plaidant pour une approche fondée sur la solidarité, la souveraineté et des partenariats adaptés aux réalités nationales. La délégation malienne a également appelé à l’émergence d’une position commune des pays enclavés, afin que leurs vulnérabilités se traduisent en actions, financements et partenariats concrets dans les grandes négociations internationales.

À l’issue de cette COP17, le message central retenu est celui d’un passage des engagements accumulés vers des résultats mesurables sur le terrain. Aussi, accélérer le financement de la restauration des terres dégradées à travers des projets bancables et des mécanismes innovants, renforcer les capacités nationales d’adaptation des pays vulnérables et enclavés, structurer une gouvernance conditionnant les financements à des objectifs vérifiables de restauration, et finaliser sans délai un cadre mondial contraignant sur la sécheresse. Portée par l’expérience mongole de gestion des pâturages et relayée par les préoccupations sahéliennes exprimées par le Mali, la conférence renvoie désormais aux Parties la responsabilité de transformer ces recommandations en actions concrètes.

La prochaine session de la Conférence des Parties COP18 pour la lutte contre la désertification se tiendra en Égypte, à Charm el-Cheikh en 2028.

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